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14/07/2018

Serge Dubs : la compétition est un challenge personnel et humain


A la veille de la finale de la coupe du monde de foot 2018, Serge Dubs, Meilleur Sommelier du monde 1989, officiant à l’auberge de l’Ill, revient sur ses années sportives au Racing à Strasbourg, sa passion pour le sport en général, mais le foot en particulier et revient sur les valeurs intrinsèques de la compétition, qu’elles soient sportives ou en sommellerie.



Serge Dubs, pendant le concours du Meilleur Sommelier du Monde en 1989, (photo archive)
Serge Dubs, pendant le concours du Meilleur Sommelier du Monde en 1989, (photo archive)
«J’ai joué au foot depuis l’âge de 9 ans dans le club de mon grand-père », se souvient Serge Dubs, «et quand je jouais contre le Racing, mon grand-père me promettait 5 francs si je marquais un but. A 14 ans, j’ai pu intégrer le Racing en équipe 1 (minime-cadet), c’était un rêve pour moi, puis par la suite après l’armée, j’ai dû choisir entre mon métier et le foot. Nous avions une équipe à l’auberge de l’Ill et nous rencontrions les équipes des autres restaurants », dit-il, se remémorant les rencontres sportives brigade contre brigade avec celle d’Antoine Westermann et de Fernand Mischler.

«Je me souviens lors de la finale mondiale du Meilleur Sommelier du Monde en 1989, je suis monté sur scène comme je montais sur la pelouse, j’ai fermé les yeux, j’ai visualisé et je me suis projeté sur le stade, le public, les projecteurs, la pression et les adversaires. C’est une technique personnelle de coaching mental, qui me met dans une condition de sportivité, pour évacuer le stress négatif, et engendrer une adrénaline positive. J’élimine le doute et je puise dans ma confiance.


«En compétition, on cherche en soi cette force qui va nous permettre de se surpasser, d’être le meilleur. C’est avant tout un challenge humain et sain. Il n’y a pas d’agression, on s’entraine, avec le goût de l’effort, du travail, de la rigueur et de la discipline et le jour de la compétition (ou du match), c’est le meilleur qui gagne, mais surtout le meilleur le jour J. Celui qui est prêt physiquement, mentalement, psychologiquement. Et quand on échoue, il faut savoir se remettre en question, l’erreur est toujours constructive. Et quand je gagnais, j’avais immédiatement une pensée pour le 2ème et le 3ème qui devaient être insatisfaits et déçus.

J’ai toujours aimé affronter les meilleurs, c’est une chance d’avoir de très bons adversaires, ils vous poussent à être meilleur, à vous surpasser, à chercher le meilleur de vous-même, relever un défi et avoir ce sentiment fort d’être satisfait, d’avoir bien concouru quelque soit le résultat. J’aime la compétition, c’est un moteur, j’aime relever les défis.

Je pourrais parfois considérer la salle du restaurant comme un stade, il s’y produit un spectacle, il y a un public, des projecteurs et l’on peut être jugé sur sa prestation, ses performances, ses aptitudes, à jouer individuellement (le sommelier) mais aussi en équipe (la brigade de salle). On est là avant tout, pour rendre les gens heureux.

Par Sandrine Kauffer
Crédit photos ©Sandrine Kauffer et archive-DR




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