Un bouquet de pensées douces pour Jean-Pierre Haeberlin par Simone Morgnethaler


"Aujourd’hui, c’est un soleil qui s’est couché, mais le ciel reste flamboyant de toutes les pages qu’il a inscrites dans nos cœurs". C’est en ces termes beaux et touchants que Danielle Haeberlin a parlé le mardi 10 juin 2014 de son oncle Jean-Pierre, en l’église Saint-Matthieu de Colmar.
"Marc et moi, nous venons de perdre notre deuxième père. Nous ne pouvions pas dire lequel des deux nous aimions mieux que l’autre." Elle a remercié Jean-Pierre, " J.P" comme on l’appelait affectueusement, pour cette leçon de dignité, de discipline, de courage, d’élégance et, par-dessus tout, pour son immense tendresse.


Un bouquet de pensées douces pour Jean-Pierre Haeberlin par Simone Morgnethaler
Serge Dubs, meilleur sommelier du monde 1989, s’exprimant au nom des employés de l’Auberge de l’Ill, a notamment rappelé la phrase qui le marqua à jamais lorsqu’il entra comme commis de cuisine en ce restaurant mythique. Jean-Pierre Haeberlin lui a dit : " Tu fais un métier qui te permet de rendre les gens heureux. Tu te rends compte de ta chance ? ".

Après la cérémonie au temple de Colmar, les voitures et bus formant le cortège funèbre se sont rendus au cimetière d’Illhaeusern. Le pont de l’Ill attenant à l’Auberge, celui que Jean-Pierre aimait tant et qui fut totalement anéanti en 1940, était rempli par la brigade de cuisine et par celle de la salle. Toute l’équipe en tenue, était là, fidèle, pour rendre un dernier hommage au patron. Une image bouleversante.

Un bouquet de pensées douces pour Jean-Pierre Haeberlin par Simone Morgnethaler
"Jean-Pierre et moi avons partagé le printemps et l'été 2002 à sillonner l'Alsace du nord en sud en suivant l'Ill dont il connaissait les plus belles perspectives pour la peindre. Il en naquit le livre "Le long de l'Ill". Au moment où j'ai pris cette photo non loin de Winkel dans le Sundgau, où l'Ill prend sa source, Jean-Pierre disait avec sa joie coutumière : "Regarde, c'est là qu'elle coule en mince filet, entre ces herbes".

Extrait du livre "Le long de l'Ill, carnets d'un voyage alsacien" Simone Morgenthaler/ Jean-Pierre Haeberlin (La Nuée Bleue) Une vie liée à elle
"Est-ce l’Ill qui vint vers vous ou vous qui êtes allé vers elle ? Vous ne savez plus vraiment qui a fait le premier pas. Vous avez une certitude : l’Ill fait partie de vous. Vous ne pourriez imaginer votre vie sans elle. Votre regard l’embrasse dès que vous regardez par la fenêtre. Elle est là, qui glisse sous les saules, au pied de l’Auberge. Elle acquiesce à votre vie. Elle est féminine, dites-vous. Elle contient les voix de ces femmes qui ont pétri votre enfance. Elle est tantôt douce comme le fut votre maman, tantôt énergique comme Tante Henriette, ou racée comme Tante Marguerite. Ses méandres contiennent les sourires indulgents de grand-mères, si merveilleuses, qu’elles semblent faites pour figurer dans des livres. Ces femmes vous disent toutes que vous n’êtes pas né comme les autres enfants. Vous êtes venu au monde dans un panier, sur l’Ill. Vous êtes venu sur l’eau, comme Moïse. Vous avez glissé le long des ajoncs et des iris sauvages. Vous avez tant de fois entendu l’histoire qu’elle est la vôtre. Et même si elle n’est pas vraie, il vous plaît d’être né de l’Ill. (...). L'Ill vous a tant donné. Que lui offrir en retour ? Des aquarelles qui fixent les saisons, les cieux, les paysages longés. C’est la reconnaissance la plus forte, la plus juste que vous pouviez lui offrir. L’ hommage d’un maître à sa muse. À jamais."

La photo que Jean-Pierre Haeberlin aimait par-dessus tout, bébé dans les bras de sa mère
La photo que Jean-Pierre Haeberlin aimait par-dessus tout, bébé dans les bras de sa mère
"Il m'avait permis de la faire paraître dans le livre "Le long de l'Ill" (La Nuée Bleue")", se souvient Simone Morgenthaler. "La photo le montre bébé. Sa maman a 30 ans. Elle le porte dans ses bras quelques mois après sa naissance en 1925. Elle se tient au bord de l’Ill, là, sur les berges qui ont tiré le trait de son horizon quotidien pendant 89 ans.

(...) Jean-Pierre aimait cette cette photo. car elle contenait l’amour de sa mère, Marthe Oberlin, née en 1895, douce et aimante. Et l’Ill y est présente pareille à elle-même.

Entre la photo et le présent, il y a ce flot d’années qui a coulé. Il disait : "La photo pourrait être d’hier tant elle contient une justesse d’atmosphère et de sentiment". Sa mère n‘est plus depuis 1989. Paul, son frère s'en est allé il y a 6 ans. Et lui, il y a quelques jours, le 4 juin 2014

Un bouquet de pensées douces pour Jean-Pierre Haeberlin par Simone Morgnethaler
Cette photo lumineuse et tendre faite par Dave Brüllmann a dix ans. Paul nous a quittés il y a 6 ans. Son frère Jean-Pierre s'en est allé il y a quelques jours. Tous deux laissent une empreinte forte, de simplicité et d'excellence. Des pages se tournent. La vie avance. Marc est le digne successeur de son père Paul et de son parrain Jean-Pierre, maintenant avec les siens l'Auberge de l'Ill à son fulgurant niveau.

Mes pensées affectueuses vont vers lui mais aussi vers Danielle, la nièce de Jean-Pierre, vers Marie sa belle-soeur, ainsi que tous les proches et ceux qui l'ont aimé.

Se souvenir de ce que fut l'exceptionnelle complémentarité de ces deux frères. Extrait de mon livre "Le long de l'Ill" (La Nuée Bleue 2002). "

Par Simone Morgenthaler
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