"Trois manières, trois fois luxe" par Gilles Pudloswki


Cette semaine dans notre revue de presse, Gilles Pudlowski évoque le luxe décliné dans trois établissements alsaciens différents: chez Georges Schmitt, Claude Bieth et Patrick Fritz.

" De Phalsbourg aux portes de l'Alsace à Ottrott, trois façons différentes, mais authentiques, de concevoir le luxe à la mode de chez nous ".


" Le " Relais Châteaux de Georges Schmitt

Depuis qu'il est " le " Relais Châteaux de son bourg fortifié à l'orée de l'Alsace, Georges Schmitt ne cesse d'embellir sa demeure.
"Trois manières, trois fois luxe" par Gilles Pudloswki

Il y a là sept chambres exquises, une salle à manger dans les tons taupe avec ses meubles anciens, son beau parquet et ses tableaux de prix, plus une terrasse sur l'arrière qui a toujours du succès, même si, à l'heure où je rédige ces lignes, les fauteuils y sont toujours en plastique blanc.
Ce qui est un sujet de plaisanterie entre lui et moi depuis des lustres pourrait devenir une pomme de discorde avec ses clients qui s'attendent au " vrai luxe " et à lui seul. Mais je suis sûr que le problème sera résolu avant l'été prochain.

Côté vins et côté mets, il est vrai, c'est le grand bonheur. Avec des produits au top, des cuissons justes, des sauces légères, des fromages superbes et des desserts de choix. On se régalera là d'un foie gras modèle avec sa confiture, d'un jambon pata negra venu d'Espagne digne de figurer au panthéon du genre, de grenouilles fraîches dites " nymphes" sauce citron avec des fleurs de courgettes en beignets, d'un bar de ligne à la crème aux girolles frisant la perfection sans omettre un dos de chevreuil frais au melon confit (magnifique alliance). Ne pas oublier non plus la polonaise aux fruits de saison et sa crème glacée à la violette, qui fait un petit chef d'oeuvre de raffinement sucré.

Ajoutez des blancs d'Alsace d'exception, des bordeaux de race et des menus composés comme des agapes de grande fête. Assez de raisons pour faire ici étape sans se lasser. Glissons enfin qu'en période de truffes, de champignons et de sous-bois, le " diamant noir " se glisse dans les entrées (à la galette de socca ou panisse à la truffe, ou la polenta truffée accompagnant les escargots de Cleurie) et que la gourmandise est ici sacrée avec un luxe de détails qui barre le chemin à la critique.

Le Kempferhof ; premier golf de la région

Luxe pur encore, le Kempferhof ne se contente pas de jouer, à fleur de Rhin, son rôle de premier golf de la région.
Il offre encore des chambres de grandes classes, dignes d'un Relais Châteaux, soit sur le thème du cinéma, dans l'ancien château de Nicolas de Kempfer, soit plus contemporaines et mêmes carrément design dans une antenne annexe.

"Trois manières, trois fois luxe" par Gilles Pudloswki
La cuisine offerte aux golfeurs, sous l'égide du patron Claude Bieth, gastronome sourcilleux et curieux, est particulièrement soignée, le midi sur la terrasse, soit le soir dans une belle salle à manger vitrée.

Aux commandes des fourneaux, Stéphane Friedmann, qui a notamment travaillé à l'Agneau à Sessenheim, au Valentin-Sorg et à la Poêle d'Or à Souffelweyersheim, joue le sérieux dans tous les registres. Tartare de crabe à l'avocat, salade de gambas à l'asiatique, salade César, rillettes de saumon fumé et mariné ou encore belle entrecôte type Angus d'Aberdeen sont carrément superbes.

Le service est au petit point, les desserts (mousse glacée au fenouil, tarte légère aux fruits rouges) jouent la fraîcheur et la carte des vins (superbe pinot noir signé Josmeyer) joue la surprise tarifée à bon compte.

Luxueusement simple, l'Ami Fritz à Ottrott

Luxueusement simple, l'Ami Fritz d'Ottrott est sans doute le meilleur et le plus grand des " petits restaurants" d'Alsace. Et Patrick Fritz, un aubergiste ancien / moderne tel qu'on le rêve.

La terrasse sous les tilleuls, la grande salle double et boisée avec sa grande marqueterie de Spindler illustrant le roman d'Erckmann-Chatrian qui donnent son nom au lieu, les chambres soignées font le coup du charme.

"Trois manières, trois fois luxe" par Gilles Pudloswki
Ajoutez y les menus en or. Pour 22,90 €, il offre, c'est le mot, quiche au bibelaskass selon une recette de grand-mère ou presskopf à l'ancienne, joue de porc braisée à la bière ou saumon poêlée au rouge d'Ottrott avant la tarte aux fruits et la crème brûlée à la cassonade.

Reste que tout ce qu'il sert est du même ordre : sérieux, savoureux, parfait sur le mode du luxe simple. Galette de pied de porc aux lentilles, lotte et sandre sur risotto de girolles ou encore parfait glacé à la vieille prune sont des bonheurs du jour. Le service est vif, les vins de la soeur et du beau frère, sous le label Fritz-Schmitt, épatants et peu chers (exquis auxerrois, gouleyant pinot noir). Bref, voilà une demeure où l'on sera bien pensionnaire à vie.

Par Gilles Pudlowski

Article publié dans le reflet des Dernières Nouvelles d'Alsace, Edition n°294 du 29.5.2010 au 4.6.2010









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