Trois adresses chéries du tout Strasbourg


Par Gilles Pudlowski. Trois adresses chéries du tout Strasbourg qui sort et mange.

Les belles tables, où mange le tout Strasbourg, se moquent des étoiles et des classements, se remplissent vite quelle que soit la saison, jouent avec aise la règle du bouche à oreille et pratiquent la cuisine bourgeoise avec malice et rigueur.

On pense au Pont des Vosges, comme au Yseuth du quai Mullenheim, comme à l'exquise Vignette de la Robertsau.


Trois adresses chéries du tout Strasbourg
Ou encore au plus récent Gourmet de l'Orangerie, qui jouit comme ses consoeurs susnommées du privilège d'un quartier bourgeois fréquenté par une clientèle gourmande et aisée.

Francis Méniel, qui tint longtemps le Club House du golf d'Illkirch, mais aussi celui de Cherisey à Metz, a repris une brasserie 1880, très Mitteleuropa, laissée dans son jus, avec ses boiseries, ses plafonds peints ou sculptés, ses beaux luminaires, ses tables en bois, ses chaises du même métal.

Il y propose une cuisine à l'ardoise, qui renouvelle plaisamment, au fil du marché les propositions de toujours.

Salade mixte, carpaccio, rillettes de thon, oeuf mayo, presskopf font des hors-d'oeuvres primesautiers. Qu'on peut choisir en demi-portion. Et bouchée à la reine, onglet de veau à l'échalote servie avec une purée de pommes de terre écrasées à la fourchette et à l'huile d'olive, foie de veau poêlé ou fraîche tête de veau font mouche.

On oublie les bricks d'agneau à la menthe (un peu balourds). On louange au passage les petits vins en pichet (pinot blanc de Gisselbrecht) ou en flacons à bon prix (un cru bourgeois de Haut Médoc château Moulin de Noaillac tarifé 22,80 €). Pour se dire que l'adresse est à la fois amusante et bonne. Les desserts ne volent pas haut, mais le café liégeois (bien mieux que la mousse au chocolat trop sucrée) est un délice. Voilà une maison à visiter et à encourager.

La table de campagne du tout Strasbourg qui sort ?
Il suffit de faire 13 km dans la campagne vers le Kochersberg. C'est le Bürestuebel des Meyer.
Pierre, jadis formé chez Mischler à Lembach, excelle en tout. Et un personnel trié sur le volet, emmené par sa femme et sa fille, sert le beau monde dans une multitude de salles au plafond peint et aux murs boisés.

La cuisine est terrienne, bourgeoise, mitonnée avec soin et amour. Les diverses tartes flambées (notamment celle aux grattons), le bibeleskäse, la tête de veau en bonbon sauce gribiche, le rosbeef au pinot noir, le pied de porc croustillant, les vins de Rolly Gassmann (auxerrois et pinot noir) emportent aisément l'adhésion. Et les desserts (glace Plombières, tarte Linz) sont d'une qualité sans faille. Ambiance gouailleuse et addition sage.


L'Italien chic du tout Strasbourg ? C'est toujours la Villa d'Antonio Casella.

Ce natif de Basilicate, que l'on connut jadis rue des Charpentiers, a fait d'une auberge à tiroirs avec patio un lieu chic assez couru. Sa manière de cuisiner les légumes grillés à l'italienne ("antipasti misto") avec courgettes, aubergines, une exquise huile olive et une burratta (mozzarella et crème) à se pâmer, donne envie de prendre pension.

Antonio joue les pâtes en majesté, proposant l'exquis risotto, avec son riz croquant et fort bien cuit, au prosecco, les raviolis aux cèpes (un peu fades), mais relevés de truffe noire, sans omettre les maltagliati (littéralement " mal taillées ") à l'encre avec palourdes, dés de lotte (hélas, trop cuits donc secs), plus basilic. Il joue le met séducteur, savoureux, ensoleillé, raconte sa vie au tout venant, pousse à la "conso", avec des vins pas toujours en condition.

Ainsi, à l'excellent Salice Salentino des Pouilles de Leone Castris (tarifé généreusement 26,50€), il vous fera préférer un Rosso Barchetta (avec barbera, cabernet, merlot) de chez Manora du Piémont, pas forcément meilleur (joli parfum, bouche un peu courte), mais en tout cas plus cher. De même, il compte, sans crier gare, un supplément de 5,50€ pour une foccacia blanche aux herbes (exquise, il est vrai), alors qu'elle semble remplacer le pain. Bref, l'aubergiste habile qui se fait cuisinier plein d'allant se montre aussi commerçant rusé, prenant volontiers le Strasbourgeois pour un gogo sympa. Mais le lieu a du charme, les serveuses sont promptes et l'habile formule du déjeuner qui, baisse de TVA aidant, a été ramenée de 22€ à 19,50€, fait passer bien des choses.

Article de Gilles Pudlowsli et publié dans le reflet des Dernières Nouvelles d'Alsace.
Edition n°271 du 21.11.2009 au 27.11.2009









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