Foire européenne : la rentrée hôteliers-restaurateurs


Lundi 8 septembre, c’était la rentrée des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et métiers de la nuit du Bas-Rhin, qui se sont retrouvés comme chaque année à la foire européenne de Strasbourg dans une salle de conférence pour écouter les différents intervenants exposer les bilans, problématiques et perspectives sur les questions du tourisme, de la TVA, la concurrence, la formation et le recrutement, ou encore le Fait Maison. Autant de sujets d’inquiétudes auxquels Nawel Rafik-Elmrini, Roger Sengel, Patrick Diebold, Eric Elkouby, Bernard Fischer, Pierre Loeb et Marie-reine Fischer ont tenté d’apporter des réponses. Un caricaturiste présent dans la salle à illustrer les propos des intervenants.


Foire européenne : la rentrée hôteliers-restaurateurs
Une fois le mot d’accueil prononcé par la nouvelle présidente du conseil de surveillance de Strasbourg événements, Nawel Rafik-Elmrini, c’est Patrick Diebold, président de la délégation hôtelière, qui entre dans le vif du sujet et interpelle vivement les acteurs politiques présents. "Chaque année les mêmes problèmes reviennent sur le devant de la scène sans qu’émergent des solutions, qui existent certes, mais qui ne sont pas mises en œuvre pour des raisons multiples et variées".

Malgré le contexte de "morosité touristique nationale, trois régions s’en sortent mieux que les autres : l’Ile de France avec Paris, la Bretagne et l’Alsace", précise-t-il. "Sur les six derniers mois, toutes les grandes agglomérations sont en récession, mais Strasbourg s’est maintenue avec un taux d’occupation flirtant avec 60 %, sans doute grâce aux touristes belges, des Émirats, du golfe Persique, du Japon et même de Chine."

Selon Patrick Diebold, ces résultats positifs sont à imputer "aux valeurs que nous véhiculons et sur lesquelles il faut axer la communication" (route des vins, villages fleuris, gastronomie, authenticité). Il salue le travail du CRT, ADT, OTSR, le succès du Pass Alsace, "un outil précieux pour nos visiteurs qui disposent ainsi d’un répertoire mentionnant les sites, monuments et les activités ludiques", mais il pointe du doigt l’Agence d’Attractivité de l’Alsace, "autoproclamée sans agence de notation, triple AAA", lance-t-il. "Quid de la fusion des organismes touristiques qui a une nouvelle fois capoté ?", interroge-t-il.
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Puis, il s'adresse à Eric Elkouby, adjoint chargé du tourisme, en charge d’organiser les Festivités du millénaire 1015/2015 des fondations de la cathédrale. "Vous avez trop tardé !" lui reproche-t-il. "C’est maintenant que les agences de voyages et tour-opérateurs préparent leurs catalogues et faute d’éléments ils ne pourront inscrire cet anniversaire hors normes dans leur programmation".

Foire européenne : la rentrée hôteliers-restaurateurs

3000 chambres d’hôtel supplémentaires en 4 ans

Au sujet du tourisme, Patrick Diebold se demande si il est pertinent d'augmenter la capacité hôtelière de 3000 chambres d’hôtel supplémentaires (+ 30%) dans un délais de 4 ans, qui serait justifiée selon la ville "par la construction du quartier d’affaires du Wacken, un Palais des Congrès, un parc d’exposition rénové et le maintien du Parlement Européen à Strasbourg", énumère l'intervenant. "Mais Strasbourg est déjà la troisième ville de France après Paris et Lourdes pour sa capacité hôtelière," dit-il avant de citer les baisses de 2014 en termes de rencontres d’affaires, de manifestations (96 contre 108) soit 8000 nuitées de moins et un recul de 20%", s'alarme-t-il.

Comment alors justifier l'augmentation de 3000 chambres en plus dans un contexte où la concurrence déloyale sévit avec "Les chambres d’hôtes qui se multiplient sans déclaration préalable en mairie, le couch-surfing, la location d’appartements à la nuit ou à la semaine qui explosent sur internet ? ". Il rappelle que "ces hébergements ne sont pas soumis à la sécurité incendie, à l’accessibilité handicap, à la taxe de séjour, aux déclarations de TVA et de CA et au BIC et à l’IS." Il redoute qu'une grande partie de l'hotellerie traditionnelle sera amenée à disparaitre.

Eric Elkouby, adjoint en charge du tourisme, a évoqué une "feuille de route pour les cinq ans à venir", qui sera présentée début octobre, mais confirme les 3000 chambres supplémentaires, un camping 4* à la Montagne-Verte, le developpement de l'e-tourisme ou encore la relance de la charte de nuit", annonce-t-il "déterminé".


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Pierre Loeb président de l'association européenne des jeunes entrepreneurs a rappelé que la présence du Parlement Européen à Strasbourg représentait 3000 personnes 3 jours/mois et 6 millions d'euros de CA/an.

"Strasbourg est la seconde ville diplomatique de France avec ses 43 consulats et 48 ambassades. "C'est un atout pour Strasbourg l'Européenne qui doit organiser de grands congrès internationaux", dit-il soulignant les améliorations en termes d'accessibilité ferroviaires prévues pour 2016 (Strasbourg -Paris en 1h50, Strasbourg-Bruxelles en 3h et Strasbourg-Londres). "Mais la vraie bataille reste la communication et vous, hoteliers-restaurateurs, vous êtes les principaux contacts avec la clientèle d'affaires et touristique, vous êtes les premiers Ambassadeurs d'Alsace."
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Bernard Fischer, en qualité de président de ADT 67 a mis en exergue les 12 millions de touristes/an, les emplois de 36.000 collaborateurs et les 2 milliards de PIB générés. Devant les Hoteliers-restaurateurs du Bas-Rhin, le maire d'Obernai a souhaité saluer l'engagement de Nicolas Stamm chef 2* à la Fourchette des Ducs "qui a porté le salon Egast à bout de bras, avec les Grandes Tables du Monde, les Etoiles d'Alsace et tous les acteurs de la profession". Quant au rôle de l'Internet, c'est "outil important dont il faut se servir" dit-il, "notamment les réseaux sociaux, puisque 40% de mes RDV sont une émanation des contacts sur faceBook.
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Intervenant à la foire européenne, Roger Sengel a d'abord précisé que c’est la dernière fois que le Jardin des Délices (halls 9, 10 et 11), promis à la démolition en 2015, pour faire place au futur centre d’affaires européen, a accueilli le Challenge Marcel Dutt, le Trophée Armand Weidmann, le concours de la meilleure bouchée à la reine, le concours de la meilleure terrine de poissons" dit-il. "Et pour la première fois un concours ouvert au grand public le dimanche 14 septembre "comme un chef" de la plus belle assiette garnie."

Puis dans son rôle de président, il a plaidé pour sa profession stigmatisant "des agressions qui l’accablent" sur la formation, l'emploi, le recrutement, les charges sociales et salariales, la TVA, le "fait maison", ou la création d'un nouveau salon professionnel à Colmar qui "concurrencerait Egast sur sa zone de chalandise"
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Problème de recutement

Malgré la multiplication des émissions de télé-réalité, comment intéresser les jeunes à notre métier ? "Le problème du travail, le soir, les dimanches et jours fériés est un obstacle majeur au choix d’une carrière dans la restauration et la fameuse coupure de l’après–midi est un autre accélérateur du désintérêt pour nos métiers (..) Avec les charges sociales et salariales qui oscillent entre 40 et 50 % du chiffre d’affaires, il serait insupportable de faire tourner un restaurant avec deux équipes", conclut Roger Sengel, ancien restaurateur du Clou à Strasbourg.

La sonnette d'alarme est tirée. "Pour la première fois depuis sa création, notre CEFPPA est passé sous la barre de 700 apprentis, soit une baisse de 8 % en 2014 par rapport à 2013, de sorte qu’autre première aussi, le budget du CFA est déficitaire en 2014, l’aide du Conseil Régional étant proportionnelle au nombre d’apprentis. Heureusement que nous pouvons toujours compter sur le soutien du Fafih, puisque les partenaires sociaux nous accordent une subvention de 500.000€ pour un budget de 3.000.000€. Si le Fafih dote aussi généreusement le Cefppa, cogéré je vous le rappelle par la CCI et notre organisation professionnelle, c’est qu’il est réputé justement pour être bien géré et je remercie son Directeur Franck Sellier et ses équipes."

Puis il indique : "En 2015 une aide de 1000€ sera octroyée par l’Etat par apprenti, dans toutes les entreprises formatrices de moins de 50 salariés. Elle sera versée par le Conseil Régional. Le Président de la République en personne a aussi indiqué qu’il présiderait à la rentrée une réunion pour lever tous les obstacles à l’alternance et à l’apprentissage. Il n’y a plus qu’à attendre les suites concrètes".

FAIT MAISON

L'entrée en vigueur au mois de juillet 2014 du décret "fait maison", traduit par un pictogramme sur la carte et les menus, fait toujours débat. Il sera obligatoire dès le 1er janvier 2015.

"Au niveau des papilles, il ne garantit aucune saveur particulière et il est pour le moins improbable qu’il clarifie le bouillon des réchauffeurs en chef" reconnait Roger Sengel avant d'enchainer "les géniteurs du fait-maison pressés par le lobby agro-alimentaire ont décrété, qu’à l’exception des pommes de terre les produits bruts pourront être pelés, tranchés, coupés, découpés, hachés, nettoyés, désossés, dépouillés, décortiqués, taillés, moulus, broyés, fumés, salés, réfrigérés, congelés, surgelés et conditionnés sous vide"

"Nous avions proposé une toute autre solution, simple, claire et limpide pour le consommateur", poursuit à regret Roger Sengel."A savoir que les restaurants titulaires du label de maître restaurateur, seule certification officielle dans notre métier, soient reconnus comme artisans et puissent s’inscrire au répertoire des métiers" (...) souhaitant une double appartenance à la chambre des métiers et la chambre du commerce."
Foire européenne : la rentrée hôteliers-restaurateurs

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"En matière de hausse de TVA, la restauration a déjà donné"

"En ce moment il est de nouveau beaucoup question de relèvement du taux de TVA et les démentis que ressassent les ministres compétents ne stoppent pas les velléités des brillants économistes qui voient dans la hausse de la TVA, un moyen d’éviter la spirale déflationniste qui paraît-il nous menace" s'exclame Roger Sengel. "Après un éphémère passage à 5,5 %, elle est remontée à 7 % et depuis le 1er janvier dernier elle est de nouveau à 10 %. "

Puis il évoque les dîners chez l’habitant, buvettes sauvages, Club house et autres estaminets illicites qui stigmatisent une concurrence déloyale qui ne nécessitent "pas de contrôle sanitaire, pas de permis d’exploiter, pas de TVA, pas d’Urssaf", déplore Roger Sengel.


Par Sandrine Kauffer










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