Du côté de chez Mike par Gilles Pudlowski


Dans notre revue de presse cette semaine, il est question de Mike Germershausen de l'auberge de la ferme Hueb à Marckolsheim, signé par Gilles Pudlowski.


La Ferme Hueb à Marckolsheim D.R.
La Ferme Hueb à Marckolsheim D.R.
C'est la table du moment à découvrir. Sérieuse, relaxe, savoureuse et peu ruineuse. Dépaysante aussi, comme le grand Ried.
C'est un oiseau rare que l'on découvrit jadis dans les bois et en montagne. C'était à Labaroche, au temps de Blanche Neige, où l'industriel / gourmet Daniel Ertz lui avait donné carte blanche pour jouer la qualité à feu continu dans un cadre design et coloré.
L'étoile promise et espérée a tardé à venir et le voici au coeur du grand Ried.

Mike Germershausen, Claire Meyer Zur Capellen et Pablo Demydyuk. D.R.
Mike Germershausen, Claire Meyer Zur Capellen et Pablo Demydyuk. D.R.
Allemand de Hanovre, rallié à l'Alsace avec conviction, il demeure le wunderkind voué à une future étoile dans un avenir proche.

Établi à son compte dans la discrétion, avec entrain et conviction, il a retapé avec bonheur une ancienne ferme-auberge du Grand Ried, qui attend les visiteurs curieux au bout d'un chemin champêtre, à la sortie de Marckolsheim. L'itinéraire ressemble à un jeu de piste et l'arrivée fait une divine surprise.

Formé chez les grands (André Jaeger au Fischerzunft de Schaffhouse, qui, le premier en Europe, maria épices chinoises et produits européen, et chez les Haeberlin, à l'Auberge de l'Ill, devenu depuis ses proches voisins), Mike Germershausen a du métier. Et un style à lui.

Du côté de chez Mike par Gilles Pudlowski
Amoureux des saveurs d'ailleurs, comme de son Alsace adoptive, il joue la cuisine du temps présent avec adresse, mariant avec malice les produits d'ici, les légumes des proches maraîchers, les poissons de Rungiest, les viandes délicates et choisies à des épices fines et à des techniques d'origine asiatique et particulièrement chinoise.
On citera ainsi l'amusante "explosion de gambas", genre dim-sum au saké, avec ses légumes façon antipasti à l'italienne et sa sauce tzakizi, à la grecque : un sacré voyage en une seule entrée légère.

Mais on y ajoutera encore les fort belles noix de saint-jacques poêlées avec leurs nouilles japonaises de sarrasin dites "Somen" et leur légumes cuits au wok avec sésame et ses champignons.
Et puis le dos de cabillaud juste saisi avec ses croquettes de presskopf avec sa salade quinoa, de betterave rouge et de Granny Smith, plus une émulsion de crustacés. Ébouriffant mais si léger !

Il y a encore le boeuf mariné façon teriyaki (laqué avec sa sauce soja sucrée) plus sa poêlée de haricots verts, ses champignons pailles, ses chips de papadum (fines galettes indiennes venues du Penjab) : bref des mets qui "déménagent ", mais sans provoquer.

Le morceau de bravoure de la demeure ? Ce sera, par exemple, car ici la carte change et les plats cités ce jour seront peut-être entièrement revus demain, le foie gras chaud poêlé avec sa mousseline de potiron et son caramel de porto en réduction : fin, vif, frais.

D'ailleurs, tout ce qui se propose là est la fraîcheur et la franchise même comme la finesse au plus que parfait. Certes, le lieu est simple, avec ses murs de pierre, ses quelques tables sans nappes, son coin desserte apparent. Mais on s'y sent vite comme chez soi. Les toilettes y sont curieusement design et presque luxueuses. La carte des vins est courte, mais avec pleine de bonnes surprises, comme ces jolis alsaces proposés au verre, en direct de la cave de Turckheim, son riesling badois frais et naturel ou encore ce joli rosé de chez Cazes en Roussillon.

Du côté de chez Mike par Gilles Pudlowski
J'oublie le service amical et complice sous la houlette de son épouse Claire et d'un garçon agile. Plus les desserts, fort joliment vus, sur un mode digeste. Comme la crème de cappuccino avec son sorbet à la noix de coco et sa crème de café Kalhua ou encore le parfait glacé au chocolat blanc avec ses bonbons croustillants au chocolat amer et ses cerises Amarena. Succulents !

La bonne surprise du lieu ? Des menus adorables qui permettent de faire le tour de la question sans risquer la ruine. Trois plats à 25 € ou cinq plats à 41 €, sans oublier la carte blanche au chef avec 4 verres de vin à 56 € : voilà qui fait une belle affaire à saisir. Et un événement à suivre de près.

Gilles Pudlowski

Article paru dans le Reflets des Dna, Edition n°272 du 28.11.2009 au 4.12.2009


Relire Mike Germershausen reprend la ferme Hueb a Marckolsheim


www.auberge-ferme-hueb.com/









A lire dans la même rubrique...
1 2 3 4 5 » ... 11

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires