Colmar Le Restaurant " Le Fer rouge" : toujours à vendre !


Retrouvez dans notre revue de presse, un article de N. Roquejeoffre, consacré au Fer Rouge à Colmar, l'ancien restaurant étoilé de Patrick Fulgraff.

Située en bas de la rue des Marchands, la vieille bâtisse, qui accueillait le restaurant étoilé le Fer rouge, est fermée depuis fin 2006.
Aucun investisseur n'a trouvé grâce aux yeux des propriétaires, qui ont mis en vente la maison à la suite du départ du chef, Patrick Fulgraff.


Le Fer Rouge Place du koifhus à Colmar  © Bernard Offenstein
Le Fer Rouge Place du koifhus à Colmar © Bernard Offenstein
" A vendre, immeuble ancien composé de deux corps de bâtiment datant du 15e siècle et 16e siècle. Environ 500 m². " Les intéressés sont invités à déposer leur offre dans une boîte aux lettres.
L'enseigne est toujours là, visible lorsqu'on descend la rue des Marchands vers le Koïfhus. Un fer rouge vif et une étoile, symbole des brasseurs de bière. L'ancien locataire, Patrick Fulgraff, y avait ajouté une chopine. La maison est inoccupée depuis qu'il l'a quittée le 15 novembre 2006, contraint par la Justice de fermer son restaurant. Epilogue d'une longue procédure entre la société Fer rouge qu'il gérait et les propriétaires de l'immeuble. Le contentieux portait sur la réalisation de travaux de rénovation et de leur prise en charge.

Trois ans plus tard, l'affaire n'est toujours pas digérée mais le chef a su tourner la page.

On le retrouve dans un recoin de la rue des Jardins, au beau milieu de l'ancienne usine Berglas-Kiener, où, avec Marilù Gatto, il a ouvert une activité de traiteur. L'affaire marche correctement, " beaucoup d'anciens clients viennent nous voir ", dit-il.
Mais avec sincérité, il ajoute : " Le coup de feu me manque. C'est un autre monde. "


Patrick Fulgraff : EGAST 2010
Patrick Fulgraff : EGAST 2010
Un monde dans lequel il a baigné tout petit.

" Notre vie est bercée de souvenirs. Les miens sont étroitement liés à l'activité de mon père. Comme Obélix, je suis tombé dans la marmite quand j'étais môme ! "

Il se rappelle ces odeurs qui ont bercé son nez. " Mon père me faisait souvent goûter ses sauces... " Il n'y a pas que les souvenirs olfactifs. Le père de Patrick invitait ses amis, ses clients à commenter l'actualité autour de la table, sorte de stammtisch à la sauce Fulgraff. " Je me souviens de ces conversations animées sur les grands événements culturels et politiques. "

C'est en 1970 que les parents de Patrick, alors adolescent, décident de poser leurs valises dans cette bâtisse emblématique de Colmar. " Ils cherchaient un restaurant. Ils avaient eu plusieurs propositions. Nous, les trois enfants, on voulait habiter Colmar et cette maison nous a de suite séduits."

Mais Patrick ne va pas y rester longtemps. Il quitte le giron familial pour entamer son apprentissage dans la Drôme, chez Jacques Pic, père de Anne-Sophie, tous deux triple étoilés au Michelin.

Deux autres chefs vont marquer le jeune Fulgraff et sa cuisine : Claude Peyrot et Paul Bocuse.
Sans oublier son père évidemment.



Il revient à Colmar en 1976, décroche un premier macaron Michelin trois ans plus tard.

Pour beaucoup, Fulgraff était la meilleure table de Colmar et le chroniqueur Pudlowski pensait qu'il méritait une deuxième étoile.

" J'ai voulu donner un éclat gourmand à cette maison ", résume le quinquagénaire. Une bâtisse qui, selon le chef, " a une formidable histoire ". " On ne peut que la respecter vu son âge ! J'y ai mis mes tripes, j'y ai conquis mon étoile... "

Le chef d'entreprise reconnaît que la configuration de l'immeuble rendait difficile l'exploitation d'un restaurant. " C'était un vrai challenge avec les cuisines au premier, deux salles, au rez-de-chaussée et au caveau. Ça nous a coûté cher en fonctionnement. "
Mais quel cadre. C'est l'une des maisons les plus photographiées par les touristes.

Colmar Le Restaurant " Le Fer rouge" : toujours à vendre !
Malgré ce prestigieux passé, le Fer rouge n'a pas retrouvé de locataire. Les propriétaires, qui ne souhaitent pas s'exprimer dans nos colonnes, l'ont mis en vente dès le départ de Patrick Fulgraff. Mais alors que le chef étoilé exploitait encore son restaurant, l'industriel Marc Rinaldi les avait contactés.
" A l'époque, j'estimais le fonds de commerce à 400 000 € pour un chiffre d'affaires avoisinant les 700 000 €. J'ai fait une proposition à 1,6 M € mais qui a été refusée.
De mémoire, elles en voulaient 2 M €. Evidemment, j'aurais gardé Patrick Fulgraff et son restaurant... "

L'entrepreneur, propriétaire des deux rez-de-chaussée voisins du Fer rouge (restaurant Jadis et gourmande et la société Toniutti transaction) considère désormais que ce bâtiment ne peut plus intéresser grand monde.
" Aujourd'hui, même si cette maison vaut un million, c'est déjà trop cher pour y installer un ERP [établissement recevant du public]. Les normes incendie exigent un second escalier entre le rez-de-chaussée et le premier étage. A cela, vous ajoutez l'obligation d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Du coup, on perd pas mal de surface. S'ajoutent les travaux nécessaires pour réhabiliter une ossature bois qui est dans un état limite. Il faudrait aussi remplacer une partie de la charpente. Ce sont des rénovations très lourdes. "

Marc Rinaldi se dit " plus du tout intéressé " par ce bâtiment " carte postale " qui a fait le tour de la plupart des agences immobilières de la place. " Cette maison peut valoir du simple au double en fonction du projet ", estime un agent immoblier qui souhaite garder l'anonymat. " Il est impossible de donner une valeur au m² puisque pour ce type de bien, cela vaudra ce que l'acheteur sera prêt à débourser mais surtout ce que les propriétaires seront prêts à lâcher. " Il considère cependant que la proposition de Rinaldi " était une bonne offre à l'époque d'autant plus que les murs étaient valorisés par le fond de commerce ".
" Pas mal de clients s'y sont intéressés", indique Valère Guedj de l'agence Contact immo. " L'emplacement est exceptionnel. On touche le Colmarien et le touriste. Mais une reprise implique pour l'acheteur de gros investissements » que l'agent immobilier estime autour de 400 000 €. Quant à la valeur du bien, il pense que débourser 1,3 ou 1,4 M € serait raisonnable. " Transformée en brasserie cette maison peut devenir une vraie machine de guerre ", ajoute Valère Guedj.

En attendant, elle est vide, ce que regrette le premier adjoint de Colmar, Yves Hemedinger. " L'endroit est stratégique et esthétique, en plein coeur du centre historique de la ville ", rappelle l'élu. " Malheureusement, le dossier ne bouge pas. " Coupant court à une vieille rumeur qui voudrait que la mairie rachète ce bien et y installe l'office de tourisme, Yves Hemedinger est clair sur ce dossier : " Ce n'est pas le rôle d'une municipalité d'acheter pour revendre. "

Quand Patrick Fulgraff se promène en centre-ville, il évite de passer trop près du Fer rouge. La plaie n'est pas encore refermée. Aujourd'hui, à 56 ans, se lancerait-il dans une nouvelle aventure ? " Pourquoi pas. Je resterais dans la qualité, le bon produit et surtout pas dans le moléculaire ! "

Nicolas Roquejeoffre

Dernières Nouvelles d'Alsace Édition du Mer 21 avril 2010


PATRICK FULGRAFF TRAITEUR

Pendant trois décennies Patrick Fulgraff s'est exécuté au piano du Fer Rouge, restaurant une étoile Michelin à Colmar pour sustenter fins gourmets, curieux gourmands et gastronomes avertis.

Aujourd'hui, Patrick FULGRAFF innove avec un concept de boutique - événementiel - traiteur où le Chef concocte des mets tandis que sa compagne, Marilù GATTO dispense ses conseils en vins et épicerie fine.

Colmar Le Restaurant " Le Fer rouge" : toujours à vendre !

PATRICK FULGRAFF TRAITEUR

31 rue des Jardins - 68000 COLMAR - France
tél: (33) 03 89 21 60 30 - fax: (33) 03 89 21 60 33
e-mail: patrick.fulgraff.traiteur@calixo.net
www.patrick-fulgraff-traiteur.com/









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