Bienvenue au paradis : à l'Auberge de l'Ill


Avec 3 Alsaciennes incontestables, Gilles Pudlowski ravie les pupilles des ces mots comme Marc Haeberlin réveille nos papilles avec ses mets. Ancien second de Marc Haeberlin à l'Auberge de l'Ill, j'ai eu la chance de travailler, d'évoluer et de m'épanouir pleinement professionnellement au coeur de cette demeure. Alchimie d'un lieu, magie d'un cadre, harmonie d'une famille, bienvenue chez les Haeberlin. Suivez le guide: Gilles Pudlowski raconte sa visite féerique.

Ancienne ou nouvelle : c'est elle et bien elle, la plus belle auberge d'Alsace, donc de France, donc du monde, avec son prolongement alerte de l'hôtel des Berges, ses tablées au dehors, son jardin pour l'été, ses salles sobres et nacrées. Patrick Jouin a signé le nouveau décor, plus sobre, plus épuré, blanc cassé, un peu vert, plus zen, bien sûr, que jadis.


Retrouvailles éblouies avec une "auberge" unique au monde.

Bienvenue au paradis : à l'Auberge de l'Ill

Les tableaux de Muhl éclairent les dîneurs heureux. L'Ill est là comme une frontière et les terrasses vers l'eau idéales pour l'apéro.

On allait oublier l'accueil de tonton Jean-Pierre, toujours fringant et drôle, les mots gentils et doux de Danielle, le service mené à la baguette, si discrètement par Michel Scherr, les grands vins choisis et conseillés par Serge Dubs, meilleur sommelier du monde, plus la cuisine divine de Marc Haeberlin, fils prodigue et fidèle. Il y a aussi le portrait de Papa Paul, qui veille sur la cuisine. Et puis Laetitia, la fifille de la maison, virevolte désormais de l'accueil à la salle.

On lit la carte comme un poème. Les menus sont illustrés d'aquarelles signés de Marc ou de Jean-Pierre, car on est ici à la fois gourmet, cuisinier et artiste.
Le choix se renouvelle. Il devient cornélien. Serez-vous viande ou poisson, ou même végétarien (il y a un cannelloni sur la carte, signe que l'on a pensé à tout). Prendrez-vous de l'ancien ou du nouveau ? Mais celui-ci ressemble à celui-là.
Bienvenue au paradis : à l'Auberge de l'Ill

A l'aube du XXIe siècle, Marc Ier, roi des cuisiniers, président des Grandes Tables du Monde, le nouveau nom de la chaîne "Tradition et Qualité", a compris que la grande cuisine ne se fait pas sans racines. Chez les Haeberlin, l'acte d'amour envers le client ressemble à de la fidélité.

D'où cette mousseline de grenouilles, ce saumon soufflé, cette terrine de foie gras ou, si l'on veut faire dans le vent de l'époque, ce magnifique velouté d'écrevisses à la Nantua servi en dim sum, avec le crustacé dans son récipient vapeur, la soupe à côté, une quenelle dans un troisième ustensile : et voilà comment, chez les Haeberlin, on prouve le mouvement en marchant.
Il y a bien sûr les plats de mémoire, à travers l'hommage rendu à papa Paul, qui créa, dans la modestie et le silence, le merveilleux saumon soufflé, mais aussi le filet de boeuf Nossi Bé presque oublié et puis le homard prince Vladimir ou encore la truffe Souvaroff (reprise par l'ami Paul Bocuse de Collonges, avec un bouillon, sous le nom désormais célèbre de "soupe aux truffes VGE"). Il y a encore le choix entre les plats de l'instant, les tempuras de langoustines au curry plus soupe de melon en amuse-gueule et les roïgebradeldi, proposées en accompagnement, avec olives noires et thym, d'un filet d'agneau en habit vert

Allez gloser, après cela, sur les sardines de l'Ill dans leur terrine de porcelaine, le foie gras aux épices, avec une goutte de porto, de sauternes, de cognac, si bien dosés, les tripes en salade au foie d'oie et aux fèves. Ou le chevreuil avec ses "bubbespitzle", ses champignons sauvages et sa compote de mangue. Dîner ou déjeuner à l'Auberge, comme on dit en Alsace, ressemble à une leçon de choses ou plutôt de savoir-vivre. On sait qu'on mettra sa cravate ou sa belle robe pour faire honneur au plus beau parterre européen, que la mise de table sera scintillante et l'environnement, simplement, à la hauteur du lieu.
Bienvenue au paradis : à l'Auberge de l'Ill

Bienvenue au paradis : à l'Auberge de l'Ill
Vieille tribu luthérienne, illustre depuis au moins trois générations, les Haeberlin sont des gens qui imposent le respect par leur dévotion envers autrui, leur sérieux, leur rigueur, leur régularité, leur simplicité, leur naturel.Les desserts sont à leur image : le vacherin glacé "grand mère", la pêche pochée avec sa glace pistache et son sabayon, la barquette de l'Ill au croquant sont des choses divinement savoureuses, simplement justes, comme on les attend. Entre un grand alsace et un vertueux bordeaux, conseillés par Serge, l'expert, l'honneur gourmand de l'Alsace en 2010 se joue ici. Un seul conseil : si vous n'aimez pas l'Auberge de l'Ill, ne lisez pas cette chronique, elle n'est pas pour vous. Mais si vous l'aimez, tout ici vous est promis. Le paradis sur terre aussi.

Visionner la Galerie photo sur le thème de l'Auberge de l'Ill

Gilles Pudlowski.

Article paru dans Reflets des Dernières Nouvelles d'Alsace
Edition n°257 du 25.7.2009 au 31.7.2009










1.Posté par boschman Jacques le 24/02/2012 16:48

en temps que belge et ancien de l'E.H Strasbourg promo 59, quand elle était encore en ville, je me devais sitôt marié(ce qui fait déjà quelques années) d'aller ce qui était pour nous anciens de l'E.H, un lieu mythique et, la découverte fut au niveau des espérances. Quand on voit le nombre d'établissements qui se la "pètent" avec leur cuisine remplie de mousses de ceci ou de cela....
Ici les choses ont le goût de ce qu'elles sont. Quelle belle leçon


A lire dans la même rubrique...
1 2 3 4 5 » ... 11

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires

Nos partenaires